vendredi 30 juillet 2010

Amen

Le centre de jour Les copains est situé au centre de la ville. C'est facile à trouver. C'est au centre-ville. Suffit que d'aller droit au centre, droit au but, ou bien de ne pas y aller du tout, rien ne nous y oblige.

Il appert que les pas de Siméon Bournivoine se perdent parfois dans ce coin-là, au hasard de ses pérégrinations urbaines, d'un bar à l'autre de la ville.

Siméon n'est pas bâti sur un frame de chat mais il est court sur pattes. Je ne lui connais aucun surnom. Comme si son prénom en était un en soi-même. Siméon, c'est presqu'un surnom, nom d'un chien! Donc tout le monde l'appelait Siméon, le costaud court sur pattes qui boit comme un trou pour oublier qu'il est célibataire. Et qu'il ne pogne pas avec les femmes.

-Donnez-moé une femme pis j'arrête de bouère pis d'fêter! dit-il de temps à autre, lors d'une de ses innombrables brosses.

-Farme ta yeule Siméon! qu'on lui dit unanimement. Puisque les ivrognes boivent pour boire, pas pour se plaindre. Même si cette philosophie manque d'exemples concrets pour qu'elle s'installe en vérité irréfragable dans les tiroirs vermoulus de mon cerveau gélatineux.

Bon. Je ne sais plus où j'en suis, cher lecteur, chère lectrice. C'est toujours comme ça avec Siméon. On commence par un bout d'histoire et l'on passe du coq à l'âne, naturellement comme je viens de l'écrire.

Revenons donc à nos moutons et laissons le coq et l'âne de côté.

Siméon était moins saoul la dernière fois où je l'ai vu boire comme un cochon et il m'a raconté une anecdote à propos du centre de jour Les copains.

Au centre de jour, ils reçoivent des personnes avec des handicaps intellectuels pour les occuper et leur donner une vie à peu près normale. Au lieu d'attacher les handicapés intellectuels après la patte du poêle, comme on le faisait dans le mauvais vieux temps, on leur permet de sortir, de rencontrer des gens, de vivre à peu près humainement. Ce qui est tout à fait louable.

-J'passe devant le centre de jour Les copains, tantôt, pis sais-tu c'que j'entends? me lança Siméon au bar Les Escogriffes.

-Non? Qu'est-ce que tu entends? que je lui ai dit.

-«Autobus! Autobus! Autobus!» Une handicapée mentale. Était jammée sur «Autobus! Autobus! Autobus!».

-Autobus?

-Oui. A' criait «Autobus! Autobus! Autobus!». Jammée ben raide là-dessus. Pis là... ben la préposée A' s'met à lui dire «T'es jammée là d'ssus!» Pis sais-tu c'que la pauvre fille répond? «T'es jammée là-d'ssus! T'es jammée là-d'ssus! T'es jammée là-d'ssus!» Sacrament! A' décrochait p'us! «T'es jammée là-d'ssus! T'es jammée là-d'ssus! T'es jammée là-d'ssus!»  Ha! Ha! Ha! A' l'essayait d'la faire arrêter: p'us moyen! Était jammée là-d'ssus! Ha! Ha! Ha!

Bon. C'était l'anecdote de Siméon. Juste pour celle-là je suis prêt à lui pardonner de boire comme un trou. Au moins il ne dérange personne. Il n'est que l'ennemi de lui-même. Amen.

mercredi 28 juillet 2010

Merci beaucoup

La situation économique d'une communauté peut facilement se mesurer avec des canettes consignées.

Il ne suffit que de les laisser sur votre galerie, hors de vue autant que possible.

Avant, ça prenait de deux ou trois jours avant qu'elles ne disparaissent de ma galerie.

Aujourd'hui, j'ai à peine lancé ma canette vide de soda diète à cinq cents dans la boîte prévue à cet effet qu'elle disparaît comme par enchantement. C'est à me demander s'ils sont à l'affût du moindre tintement de canette ou de bouteille vide, nos ramasseux de fond d'cour...

Remarquez que je ne rie pas d'eux. Je les plains.

***

Par ailleurs, je ne m'explique toujours pas par quel tour de passe-passe bureaucratique la SAQ réussit à vendre des bouteilles sans consigne. Pourquoi pour les bouteilles de bière et pas pour le vin, le cognac, l'hydromel?

Voyons! C'est clair que les bourgeois préfèrent le vin, le cognac et l'hydromel à la bière! Ils paient déjà assez de taxes et d'impôts comme ça! S'il faut de plus imposer une consigne sur les dives bouteilles, c'est qu'il n'y a vraiment plus de justice en ce bas monde. Comme si les riches devaient partager le sort des pouilleux, faire comme tout le monde, payer des consignes, des taxes, des impôts...

Vous trouvez que je délire? Vous n'êtes pas seul. Moi aussi.

Merci beaucoup.

mardi 27 juillet 2010

Seul dans la vie avec sa poche de hockey

Il ne demandait jamais d'aide mais on le voyait aider tout le monde.

C'était un sale orgueilleux, disaient les uns.

Plutôt un bonnasse, disaient les autres.

Mais lui, franchement, il ne se reconnaissait dans ni l'un ni l'autre.

-Je suis trop gêné pour demander de l'aide! répondait-il.

Trop timide? Ou dans la gêne? Sans un rond? On ne demande pas d'aide quand on a rien. Et il n'avait rien pour cette simple et bonne raison qu'il ne demandait rien quand il aidait les autres.

-Je suis fait comme ça. Le cash, ça me répugne. Ça vient tout gâcher! disait-il.

Finalement, ce gars-là, pas de doute que c'était un idiot.

Mais je l'aimais bien. Ne serait-ce parce qu'il me ressemblait un peu.

Il déménageait à pied, en taxi ou en autobus, avec sa grosse poche de hockey élimée.

Il lavait son linge à la buanderie du quartier.

Il lisait des gros livres.

Il n'élevait la voix que pour les injustices commises envers les autres.

Celles qu'on commettait à son égard, il s'en foutait comme de l'an quarante.

-Moé chu comme Djo Meilleur. Si ça fait pas icitte ça f''ra ailleurs! chuintait-il parfois.

Ouais. Il était pas mal comme moi. Mais pas tout à fait.

Moi, contrairement à lui, je suis beau. Et ma blonde est belle. Je lave mon linge à la maison dans mes propres machines. Et je cuisine comme le souhaiterait Brillat-Savarin. Et puis je me tais pour tout le reste. Je suis tout de même pudique.

Pal mal d'injustices de moins à mon compte, contrairement à ce pauvre bougre.

Parce que lui, eh bien lui il est seul comme un rat.

Et il traîne sa poche de hockey d'un bord à l'autre de la ville, avec son linge sale ou ses victuailles, voire ses livres empruntés à la bibliothèque: rien que des noms étrangers bourrés de consonnes et dépourvus de syllabes.

Ça passe le temps, lire des livres. Surtout quand on est seul dans la vie avec sa poche de hockey fourre-tout que l'on trimballe dans tous les coins et recoins de la ville.

lundi 26 juillet 2010

Michel Chartrand: Les dires d'un homme de parole

Je suis en train de lire Michel Chartrand: Les dires d'un homme de parole. C'est de Fernand Foisy. Publié par Lantôt Éditeur en 1997.

Chartrand s'indigne d'une flopée d'injustices. Le capitalisme passe au cash, si je puis me permettre l'expression, par des exemples concrets, en chair et en os. Rien de théorique ou d'abstrait chez Chartrand. De l'indignation bien ressentie parce que nous devons traiter notre semblable comme nous souhaiterions être traités. Et force est de constater que cette maxime tarde à faire son chemin chez nos élites économiques. On traite le peuple comme des pouilleux, en haut de la pyramide. On le regarde comme du bétail, sinon comme une statistique.

Même la victoire d'un parti socialiste serait insuffisante à changer cela.

C'est un vice de forme du système. Un système qu'il faut changer en profondeur pour qu'il soit au service des gens plutôt que de voir les gens asservis au système.

Avant de bâtir des pyramides de gypse, si je me fie aux propos de Chartrand, il faut bâtir des écoles, des hôpitaux et des bibliothèques. Il faut assurer la sécurité et le bien-être de tout un chacun. Il faut vivre quoi.

Ça me semble sensé. Vous ne trouvez pas?

vendredi 23 juillet 2010

On n'est pas sur terre pour se faire chier

Elle porte trois ou quatre manteaux, dont une grosse chienne carreautée. Elle a à peu près mon âge et plus toute sa tête. Elle parle toute seule sur le pont Duplessis. Elle crie plus qu'elle ne parle pour dire vrai. Et ce qu'elle crie est plutôt incompréhensible. Il n'en demeure pas moins qu'il fait chaud. C'est jour de canicule. Et ces trois ou quatre manteaux, dont une grosse chienne à carreaux, ça fait suer.

Il porte un manteau de fourrures et des bottes de rubber. S'en va sur la rue Royale. Il zigzague. L'homme a sans doute soixante-quelques piges. Petit. Trapu. Doté d'une couronne de cheveux sous son crâne dégarni. Il fait chaud. C'est jour de canicule. Et ce manteau de fourrure, bon sang, je sue rien qu'à le voir. Sans compter ses bottes de rubber...

C'est pas pour rire d'eux. Ni pour les prendre en pitié. C'est juste parce qu'après les avoir vus ils me reviennent dans la mémoire longtemps, comme une tragédie comique où il fait parfois tellement chaud.

Je boirais bien un bon verre d'eau glacée. Pas vous?

Et puis faites ce que vous voulez... On n'est pas sur terre pour se faire chier.

jeudi 22 juillet 2010

Rotopon

Rotopon n'était connu que par son surnom et on le surnommait ainsi pour une raison qui m'échappe. Il n'était pas ro, ni to, ni pon. Mais tous le surnommaient Rotopon. Alors je me pliais à la coutume et me permettais de l'appeler ainsi, quitte à y ajouter un peu de civilité: monsieur Rotopon.

Il n'était ni gros, ni maigre, ni teint, ni pointu. Il ressemblait vaguement à un poteau de téléphone. Il ne captait qu'une phrase à la fois. Et passait la majeure partie de son temps à se bercer sur sa galerie en buvant de la Old Milwaukee, une bière pas tout à fait fameuse mais pas cher.

Rotopon se berçait matin et soir en buvant sa bière sur sa galerie. Il ne lisait rien. Il n'avait pas de télévision. Il se berçait, point à la ligne.

J'ai bien tenté de lui parler mais rien à faire. Rotopon est régulièrement prostré et son vocabulaire est essentiellement monosyllabique: ouep, non, s'lut, 'jour, 'souère, hum, burp. N'essayez pas de lui tirer les vers du nez, Rotopon ne veut rien savoir.

Travaille-t-il? J'espère que non. Cependant des rumeurs portent à croire qu'il serait concierge de nuit et que, du jour au soir, il ne dormirait jamais pour mieux profiter de sa Old Milwaukee sur sa galerie. Évidemment, ce ne sont que des rumeurs puisque Rotopon n'a pas l'air vaillant. Il se fait livrer ses épiceries. Et c'est rare qu'on le voit courir bien que personne ne court vraiment dans les parages.

Quoi qu'il en soit, Rotopon c'est Rotopon. Tout le monde le connaît. Personne ne lui parle, sinon moi, pour rien dire et l'emmerder avec toutes sortes de niaiseries. Rotopon me fait des burp, ho, ha, ouin. Et cela me suffit. D'autres parleraient plus et m'écouteraient moins. Et bien que je ne sois pas sûr que Rotopon m'écoute, il me faut bien le saluer au passage pour ne pas passer pour un faux-jeton.

Sacré Rotopon! J'en connais qui diraient «Hostie de BS su' sa galerie qui boit d'la Old Milwaukee pendant que l'monde travaille pis sue!» Évidemment, ce sont des crétins. Car rien n'indique que Rotopon ne travaille pas. Et devrait-il être un chômeur que j'aurais cette délicatesse de ne pas lui reprocher sa misère. À la guerre, c'est toujours cheap de tirer sur les ambulances.

Pas vrai Rotopon?

-Hum...

mercredi 21 juillet 2010

Un frimeur n'est plus frimeur quand tout le monde sait qu'il frime

Nous sommes en train de gagner la partie à Trois-Rivières. Quelque chose de superbe s'y produit. On sent dans l'air un parfum de liberté. La voix s'y fait plus libre. Dans les autobus, les taxis et les camions de vidange on ne parle plus que de pouvoir aux citoyens, de démocratie, de justice sociale et de liberté.

Tout se sait. Tout est su. Plus rien n'est tu.

Les frimeurs ne friment plus personne.

Un frimeur n'est plus frimeur quand tout le monde sait qu'il frime.

Il devient alors un loser. Sa game est perdue. Il ne lui reste plus qu'à sauter sur le premier hareng saur venu pour ne pas perdre la face. Flairer la bonne occasion. Quitte à rejoindre les rangs de l'opposition par la voie de côté, pour se donner un petit air cool de dernière heure.

Les médias traditionnels s'y perdent. Ils vont renifler le cul de Facebook pour y trouver matière à commérages. Et les forces vives de l'opposition y multiplient les dénonciations sous toutes les formes, de la photo jusqu'à la caricature, et promettant mieux: la naissance d'un vrai mouvement civique pour l'émancipation des citoyens face aux pyramides de gypse des joueurs de Bozopoly. On suggère l'idée de monter un site dynamique, avec un blog, une web-télé, whatever. De quoi défriser l'autocratie.

Ils voulaient faire tout ce qu'ils voulaient. Maintenant, ils cherchent des portes de sortie. Parce que tout se sait. Parce que rien n'est tu. Parce que c'est le temps des fleurs. On ignore la peur. Et les lendemains ont un goût de miel.

Nous sommes en train de gagner la partie à Trois-Rivières parce que le monde d'hier et ses malices ne trompent plus personne. La vieille politique politicienne sale a fait son temps.

mardi 20 juillet 2010

La Loubianka, Tolstoï, etc.

Je termine la lecture d'un livre de Vitali Chentalinski qui a pour titre Les surprises de la Loubianka. C'est publié chez Robert Laffont. En 1996. L'auteur y rapporte de fascinantes découvertes dans les archives littéraires du KGB. Il croyait y découvrir l'Inde et il tomba sur un nouveau continent, pour résumer sa démarche. Des tas de révélations insoupçonnées sur l'art de se débarrasser des témoins gênants et d'épurer un peuple de tous ses génies.

Cette lecture m'a permis de trouver de l'intérêt à lire Tolstoï. J'aime les auteurs russes. Mais de tous ces grands auteurs, Tolstoï n'a jamais vraiment nourri mon esprit. Idem pour Pouchkine. Je suis rentré dans Dostoïevski avec délectation. J'ai savouré Gogol et Tchékhov. J'ai ri jaune avec Mikhaïl Boulgakov. J'ai scandé les vers de Maïakovski. J'ai même lu Lénine et Trotski. Mais Tolstoï? Quelques nouvelles ça et là. Pas moyen de m'intéresser à Guerre et Paix ou bien à Anna Karénine. Suis-je encore trop jeune pour ces romans fleuve? J'en ai lu d'autres, pourtant. Et j'ai trouvé le goût. Mais Tolstoï? Zut. Je suis inculte de Tolstoï...

En lisant Les surprises de la Loubianka, mon intérêt pour Tolstoï s'est accru. J'y ai découvert un sage. Dans le tumulte et le chaos des révolutions russes, peu de voix se firent entendre pour épargner des vies, tant du côté des Rouges, des Blancs, des Noirs ou des Verts. De petits mouvements civiques se sont créés un peu partout en Russie pour défendre la démocratie, la liberté, la paix et la solidarité. Les tolstoïens, si je puis m'exprimer ainsi, ont défendu avec honneur les droits de la personne en Russie, sous tous les régimes. Juste pour ça, il me faut revenir à Tolstoï, à ses écrits politiques, nettement en avance sur son temps. Je m'attendais à m'ennuyer avec Tolstoï et je découvre au contraire un magnifique guide pour l'action civique autonome, indépendante des factions et catégories politiques. J'ai laïcisé mon Tolstoï et ses idéaux me rejoignent. J'y trouve une source vive de courage et de détermination. Tolstoï m'apparaît de plus en plus comme un hippie avant la lettre. Un auteur qui m'est malheureusement inconnu et que je dois connaître, sinon reconnaître comme l'un des grands.

Je vous reviendrai là-dessus un de ces quatre. Promis.

lundi 19 juillet 2010

Vive la liberté!

L'art politique c'est de la merde. C'est moi qui le dis. Et je ne suis certainement pas le premier à le dire.

Cela dit, je fais de l'art engagé ces derniers temps et me trouve risible avec un zeste d'attendrissement pour ces niaiseries toutes aussi nécessaires que l'acte de sortir mes ordures aux jours attribués pour le ramassage. C'est un acte civique, à défaut d'utiliser le mot devoir, qui me rappelle qu'on en doit trop, de tous bords tous côtés, pour ces pyramides de gypse et ces décors de stucco pour potentats déconnectés de la réalité. Ils semblent croire que le petit peuple est essentiellement constitué de loques humaines aux lèvres desquelles pend un éternel filet de salive qui tient lieu de discours.

On peut dire n'importe quoi à ce petit peuple, multiplier les tautologies et les pléonasmes, garrocher des mots sans queue ni tête et sans intérêt pour que l'attention du petit peuple se porte sur le vide qu'on lui sert pour rêve. Dépenser 50 cents pour voter, pas aux élections, mais pour une émission de téléréalité poche. Mener des vies de larves dans un cocon de faux luxe décrépit. Dépenser pour rien. Et hurler au premier pauvre qui tend la main. Comme des faux-culs. Comme des caves loin du premier devoir de tout être humain: la beauté. Parce qu'à défaut d'autre nom valable, je me rattache à ce foutu idéal de mon vieux compagnon de route, Fedor Dostoïevski. «La beauté sauvera le monde.» Rien à foutre des catégories politiques. Je veux la beauté pour ce monde. Et je me battrai pour elle.

Le petit peuple, comme toute personne, est toujours appelé à devenir le grand peuple à des moments charnières de son histoire où la justice, la liberté et la démocratie obtiennent des gains, un pas de plus vers un rêve qui se concrétise en dépit de tous ceux qui se chargent d'écraser  ces saines aspirations humaines.

Au cours des dernières semaines, j'ai multiplié les caricatures et les bédés dans un but bien précis: servir la beauté à Trois-Rivières et permettre au petit peuple un petit peu de répit et de rigolade pour redonner une brindille d'espoir avec mes ineffables conneries  qui ont le malheur de me faire rire, comme quoi je suis loin d'être parfait, sinon près d'être un parfait imbécile. Ce que j'assume pleinement, avec le sourire aux lèvres et le torse bombé. Popeye disait «I am what I am cos' I am what I am» et, bien que cette philosophie soit un peu courte, je m'y rapporte volontiers.

Pour ce qui est de mon engagement communautaire pour Trois-Rivières, j'y vais avec mon coeur et sans rancoeur. Je sais que nous allons gagner. C'est une question de temps, demain ou après-demain. La démocratie est un mouvement irréversible. Parce que du choc des idées naît toujours l'intelligence. Et parce que l'intelligence est de notre côté. That's it. On peut en douter mais ce ne serait pas raisonnable, ni logique.

L'art politique c'est de la merde. Et je ne suis qu'un plouc qui s'engage avec son art pour faire rire ses concitoyens au lieu de les déprimer avec toutes sortes de conneries qui n'étonnent plus personne. On le sait en hostie que ça marche de même... Et on rit, parce que c'est drôle de le dire tout haut, des fois, de mille et une façons, en toute liberté.

Vive la liberté, tiens.

jeudi 15 juillet 2010

Aucune accusation criminelle ne sera portée contre moi et mes vilaines caricatures

Aucune accusation criminelle ne sera portée contre moi et mes vilaines caricatures. Merci mon Dieu!



Vive la liberté et vive la démocratie!
 
Le temps des fleurs se poursuit.
 
 
Pour voir les caricatures, c'est ici.

Dossier de presse: ici.

mercredi 14 juillet 2010

dimanche 11 juillet 2010

Momo, la barbote et le maire Tartampion

Momo du Festival de la barbote s'est fait dire qu'il devait soutenir le projet du maire Norbert Tartampion sinon leurs subventions seraient coupées. Le projet? Un casino flottant au-dessus des barbotes. Le prix? On s'en fout. Tartampion se foutait évidemment des contribuables et croyait dur comme fer que la démocratie c'était un chèque en blanc pour quatre ans.

Momo a donc écrit une lettre qu'il a envoyée à l'Hebdo de la Barbote qui l'a publiée.

Évidemment, cette lettre n'avait même pas l'apparence de l'honnêteté. Tartampion y était présenté comme un visionnaire, un grand timonier, un soleil de la barbote.

C'était du lichage de raie.

Sacré Momo. Toute la ville sait maintenant que tu es une couille molle. Merci de nous faire rire.

jeudi 8 juillet 2010

Dans l'attente d'un miracle

Le monde est vaste même en ces endroits où l'esprit est petit. Il rattrape tout le monde, où qu'il soit. Ce qui se passait à Jérusalem ou Bagdad se passe maintenant à cent mètres de chez-soi.

Bien qu'optimiste, je pressens que l'avenir ne sera pas rose. Il y aura plus de conflits. Moins de pétrole. Moins d'eau. Moins d'électricité. Moins de confort.

Je ne suis optimiste que par défi, parce que je crois aux miracles.

Et ça nous prendra des miracles pour nous sortir de ce bourbier.

mercredi 7 juillet 2010

Karl et le Smatte-à-Poitras

C'était une journée chaude. Les yeux cuisaient dans leurs orbites. Une pression folle faisait enfler le disque dur sous le caillou. Oua. Il faisait chaud en sacrement.

Karl avait chaud dans son complet veston trois pièces qu'il portait pour se donner de la prestance, histoire d'oublier qu'il n'était qu'un singe pas tout à fait symétrique, avec un testicule plus gros que l'autre qui le faisait boiter d'une jambe.

-Sapristi qu'il fait chaud, disait-il, en se grattant la tête pour faire tomber ses pellicules.

Et c'était une chaleur torride. Une chaleur marécageuse qui vous rendait l'âme et le corps poisseux.

-Sapristi qu'il fait chaud, répétait-il encore.

Karl était assis dans sa petite cabine de préposé au stationnement non-climatisée. L'asphalte semblait gondoler sous l'effet de la canicule. Et voulez-vous bien me dire pourquoi ce pauvre gars portait un complet veston trois pièces pour un boulot aussi peu protocolaire? Justement. C'était protocolaire. Il surveillait le stationnement du Smatte-à-Poitras, un entrepreneur très riche qui se vantait de n'avoir qu'un secondaire un, jurant que les intellectuels devraient tous être aux travaux forcés, que les femmes sont trop émotives pour faire de la politique et qu'il y a trop de tapettes partout. Ses sympathies vaguement fascistes ne l'avaient pas empêché de se faire élire ça et là, histoire de ne pas se tenir trop loin des contrats. Il avait lui aussi un testicule plus gros que l'autre mais s'aspergeait les couilles de cognac pour les désinfecter.

Ce qui fait que Karl lisait des tas de livres dans sa guérite, à regarder des autos toute la journée, suffoquant sous le soleil accablant de juillet dans des vapeurs d'essence et de goudron, tout ça pendant que le Smatte-à-Poitras menait la belle vie climatisée en crachant sur tout ce qui existe, les couilles parfumées au cognac et tout le saint-frusquin.

Oua.

mardi 6 juillet 2010

Hier, devant l'Hôtel de ville de Trois-Rivières

Mes trop nombreux lecteurs et lectrices se sont accommodés tant bien que mal de mes dernières semaines de militantisme. Plutôt que de me contenter de défendre la démocratie à mille lieues de chez-moi, j'ai cru bon de m'investir totalement avec une poignée de camarades qui vomissaient de voir tout ce qui se tramait à l'Hôtel de ville de Trois-Rivières.

Le maire de ma ville est un autocrate complètement vendu aux intérêts des joueurs de Bozopoly. Ce qui lui a permis de faire n'importe quoi, au détriment de la démocratie et des valeurs qui viennent avec.

Il n'y a jamais eu de consultation populaire lorsque le quorum du registre municipal était largement atteint. Les citoyens du Plateau se sont faits bâtir un aréna en pleine face même s'ils était 439 sur 450 à demander la protection du boisé. Des citoyens se sont faits tordre les bras lors des assemblées publiques. Des portes se sont ouvertes mystérieusement une heure à l'avance, pour paqueter la salle de phoques qui applaudissaient tous les fucks du maire, dont l'Amphithéâtre et autres pyramides de gypse projetés sur l'ancien terrain de la Canadian International Pulp and Paper Company.

Des projets grandioses pour une ville de plusieurs millions d'habitants qui seront payés par les impôts et les taxes des contribuables trifluviens... québécois... et canadiens.

Ce qui fait que ça dépasse largement nos frontières, ce climat de république de bananes qui règne à Trois-Rivières. En plus de siphonner du cash, ces projets sont du genre «ça passe ou ça casse», quitte à tordre les bras des opposants.

Le chroniqueur Jean-Marc Beaudoin du quotidien Le Nouvelliste s'est lui-même fait tordre les bras, comme il le rapporte dans son coup de griffe du 22 juin. Il faisait aussi mention d'une rumeur selon laquelle certains participants auraient été payés pour applaudir le maire. Et on ne parle pas nécessairement des policiers en uniforme civil, qui mena certains citoyens à présenter une plainte en déontologie policière, puisque tout policier doit porter son uniforme lors d'une assemblée publique. C'est la loi, que voulez-vous...

C'est dans ces circonstances que j'ai prêté ma voix à d'autres voix qui réclamaient à juste titre la démission du maire Yves Lévesque. Je n'ai pas créé le mouvement. Je m'y suis joint. Et si je suis devenu provisoirement l'un de ces porte-parole, c'est essentiellement dû à ma grande gueule.

Hier, nous n'étions qu'une poignée à chanter Le temps des fleurs devant l'Hôtel de ville de Trois-Rivières. Le temps était lourd. Les gens étaient en vacances. Et l'attentat terroriste du soi-disant groupe Résistance Internationaliste, survenu vendredi dernier au centre de recrutement des Forces armées canadiennes, à deux pas de l'Hôtel de ville, n'était pas pour faciliter notre manifestation au point de vue du recrutement, justement. La tension était vive, c'était la canicule, le début des vacances, et les gens se sont reposés chez-eux, bien au frais.

Nous avons résisté à leur place, quelques minutes, le temps de chanter quelques airs, d'être filmés par Télé-Métropole et Radio-Canada, juste pour rappeler à César que la démocratie ce n'est pas un chèque en blanc pour quatre ans.

Nous avons porté une fleur pour la démocratie à Trois-Rivières. Nous avons incarné les valeurs positives de la démocratie, des valeurs qui transcendent les catégories politiques.

Si quelqu'un souhaite nous le reprocher, rappelons-lui que nous n'étions pas payés pour faire ça, que nous y sommes allés avec notre coeur pour défendre des principes qui nous sont chers. Nous avons agi en citoyens exemplaires compte tenu des circonstances. Et nous ne demanderons pas de médaille pour ça.

La prochaine séance publique est prévue pour lundi le 16 août 2010.

Nous y serons, d'une manière ou d'une autre. Frais et dispos pour protéger l'argent de nos taxes et de nos impôts. Avec des projets vraiment structurants pour préserver la démocratie dans notre petite communauté. Nous allons de plus informer les Québécois et les Canadiens de la manière dont on dépense leurs taxes et leurs impôts à Trois-Rivières puisque toutes ces conneries seraient impossibles sans leur contribution financière. Nous demanderons leur soutien dans notre lutte pour plus de démocratie et de transparence dans la gestion de notre ville.

Oui, le temps des fleurs va se poursuivre à Trois-Rivières. Merci au pseudo-maire Yves Lévesque d'avoir favorisé la naissance d'un nouveau mouvement civique.

lundi 5 juillet 2010

LE TEMPS DES FLEURS SE POURSUIT DEVANT L'HÔTEL DE VILLE DE TROIS-RIVIÈRES

Ce qu'on va chanter ce soir devant l'Hôtel de ville de Trois-Rivières:

(Sur l'air de la chanson Le temps des fleurs)

Devant l'Hôtel de ville de Trois-Rivières-heu
Où nous sommes allés manifester
Nos voix criblées de joie sortaient de l'ombre-heu
Et nous écoutions nos coeurs chanter

C'était le temps des fleurs
ON IGNORAIT LA PEUR
Les lendemains avaient un goût de miel
Ton bras prenait mon bras
Ma voix suivait ta voix
On était jeunes et on croyait au ciel

LALALA (REPRIS À L'INFINI PAR UNE FOULE EN LIESSE...) :)

dimanche 4 juillet 2010

jeudi 1 juillet 2010

Une autre affiche

Oui, je l'avoue: je suis contre tous les projets de Yves Lévesque et de sa clique de béni-oui-oui. Oui, je trouve que Trois-Rivières-sur-St-Laurent c'est rien que de la bouette pour enrichir une poignée de joueurs de Bozopoly. Oui, je suis pour la démocratie à Trois-Rivières et contre le tordage de bras à l'Hôtel de ville, contre l'usage abusif de la police, contre la vieille politique politicienne sale qui nous vide les poches et trait nos comptes de banque jusqu'à la dernière cent.

Affiche